vendredi 4 mars 2011

Libye : la communauté internationale au pied du mur

La médiation proposée par le Venezuela est rejetée par les insurgés et par les Etats-Unis, tandis que la communauté internationale ne trouve pas d'accord sur une intervention militaire. Elle se demande ce qu'elle peut encore faire pour éviter le pire en Libye.

Des opposants libyens préparent une batterie anti-aérienne pour contrer l'offensive des forces fidèles au colonel Kadhafi, à la porte ouest d'Ajdabiya à 160 kms à l'ouest de Benghazi, le 3 mars 2011

William Hague, ministre britannique des Affaires étrangères était à Paris jeudi pour y rencontrer Alain Juppé, le nouveau ministre français des Affaires étrangères. Il a bien entendu été question de la Libye et de l'éventualité d'une intervention militaire sur le thème : intervention militaire – pas pour l’instant, zone d’exclusion aérienne – pourquoi pas ?

Bien que toujours opposé à toute intervention militaire de l’Otan, Alain Juppé est tombé d’accord avec son homologue britannique pour œuvrer à la planification d’une zone d’exclusion aérienne au-dessus de la Libye. Celle-ci pourrait se matérialiser, selon le ministre français, « si la menace de l’utilisation de la force contre les populations libyennes que brandit Kadhafi se concrétisait au cours des prochains jours ». Et, bien entendu, à condition que le Conseil de sécurité de l’ONU l’autorise. En revanche, il estime qu’une intervention militaire de l’Otan risquerait de ne pas être « bien reçue » dans la région et qu’elle pourrait être carrément « contre-productive ».

Les deux ministres ont rejeté la proposition de médiation dans la crise libyenne du président vénézuélien, Hugo Chavez. Et il n’y a surtout aucune différence entre eux sur un point majeur : il faut que le colonel Kadhafi quitte le pouvoir.

Barack Obama laisse toujours planer le doute sur ses intentions

En marge d'un sommet bilatéral avec son holomogue mexicain, Felipe Calderon, le président américain est revenu jeudi sur le dossier libyen.

« Nous étudions toutes les options » déclare le président américain avant d'indiquer que les Etats-Unis prendront en considération ce qui est le mieux pour le peuple libyen. Seule certitude pour Barack Obama : le départ de Mouammar Kadhafi serait le mieux pour le peuple libyen : « Nous allons continuer à envoyer un message clair : la violence doit cesser. Mouammar Kadhafi a perdu sa légitimité et il doit partir. Ceux qui perpètrent des violences contre les Libyens devront répondre de leurs actes... Et il faut répondre aux aspirations des Libyens à la liberté, la démocratie et la dignité ».

Dans l'immédiat, Washington entend répondre à l'urgence. A celle d'une situation humanitaire qui se dégrade. Des centaines de milliers de personnes tentent de quitter la Libye, souligne le président américain : « J'ai donc autorisé l'utilisation d'appareils militaires américains pour aider des Egyptiens qui ont fui vers la frontière tunisienne à rentrer chez eux, en Egypte ». Et Barack Obama affirme que les organisations internationales impliquées dans l'évacuation des personnes souhaitant quitter la Libye peuvent compter sur le soutien des Etats-Unis.






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