vendredi 8 avril 2011

Egypte : Une sonnette d’alarme face aux pillages

 
 Archéologie . L’Organisation des Nations-Unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco) a envoyé une mission spéciale au Caire pour aider les Egyptiens à lutter contre le trafic des biens culturels et mettre sur la liste rouge les objets volés.

Le bilan total des pillages des antiquités en Egypte, qui est à ce jour encore inconnu, est déjà assez lourd. Rien qu’au Musée du Caire, 37 objets manquent toujours après la récupération de 17 pièces au cours des dernières semaines. Mais aussi des sites archéologiques à travers le pays ont témoigné des opérations organisées de pillage. Suite au colloque international pour célébrer le 40e anniversaire de la Convention sur le trafic illicite des biens culturels qui s’est tenue à Paris les 15 et 16 mars, l’Unesco a officiellement appelé donc à la mobilisation internationale pour sauver ces trésors et tenter de retrouver les œuvres volées avant qu’elles ne soient vendues. « D’un côté, il faut protéger les sites archéologiques contre les pilleurs et, de l’autre, il faut pister les antiquités volées avant qu’elles ne soient vendues sur le marché de l’art », indique Irina Bokova, la directrice générale de l’Unesco, qui s’est déclarée inquiète et a fait part « d’informations alarmantes » concernant les pillages des sites archéologiques et des musées égyptiens. Elle a, entre autres, encouragé les autorités égyptiennes à prendre des mesures concrètes, afin de protéger les sites archéologiques. 
 
Et c’était lors de ce colloque international que l’on a décidé d’envoyer une mission d’experts au Caire pour travailler avec les Egyptiens. 

Outre la directrice générale de l’Unesco, cette réunion a regroupé des experts de l’Organisation mondiale des douanes, l’Interpol, le Centre international d’études pour la conservation et la restauration des biens culturels (ICCROM), le Conseil international des monuments et des sites (ICOMOS), le Conseil international des musées (ICOM), le World Monuments Fund et de nombreux experts indépendants. 
 
Ainsi, une mission spéciale d’experts s’est rendue sur place au Caire, afin de s’informer de la situation, rencontrer les responsables des ministères de la Culture, évaluer le besoin d’aide, notamment en matière de lutte contre le trafic de biens culturels, et élaborer un plan d’action global à moyen et à long termes pour la protection du patrimoine culturel. Cette mission d’experts a regroupé Christian Manhart, du bureau de l’Unesco de Paris, Costanza de Simone, du bureau du Caire dirigé par Dr Tareq Chawqi, et France Desmarais, représentant le Conseil international des musées (ICOM). Des experts égyptiens ont aussi accompagné la mission de l’Unesco dans sa visite aux sites archéologiques et aux musées du Caire. Citons, entre autres, Mohamad Abdel-Fattah, directeur du département des musées, Tareq Al-Awadi, directeur du Musée égyptien, et Gihane Zaki, du Fonds des antiquités de la Nubie. Cette dernière a aussi participé au Colloque international de Paris. « Nous avons besoin d’une intervention d’urgence pour protéger le patrimoine, un peu comme cela s’est fait dans les années 1960 au moment de la construction du Haut-Barrage à Assouan. Il faut aussi sensibiliser les gens et les former, notamment les gardiens », explique Gihane Zaki.

En passant en revue la situation du patrimoine culturel en Egypte, les experts ont souligné que les principales difficultés tenaient au manque d’informations fiables à propos des sites et institutions du patrimoine culturel, à l’interruption des relations de travail établies antérieurement avec les institutions et personnes-clés au plan local, au risque de voir le patrimoine culturel négligé, compte tenu des urgences économiques et sociales, et aux changements encore en cours. Guillemette Andreu-Lanoë, directrice du département des antiquités égyptiennes du Louvre, a souligné, de son côté, que les pillards vont dans les endroits reculés, comme les sites sauvages des pyramides de Dahchour, Abou-Sir et Saqqarah, où il n’y a personne. D’où la difficulté d’intercepter les voleurs. 

Le ministère d’Etat pour les Affaires des antiquités a publié le 15 mars 2011 une liste définitive des objets volés au Musée du Caire, en janvier dernier, lors des manifestations politiques. Statues, vases, sculptures en bronze ou en bois doré. Une enquête officielle est actuellement en cours, pour dénouer l’écheveau récit de ce vol et savoir ce qui s’est passé, dont gardiens et policiers sont soupçonnés. 

L’Unesco a également énuméré les nombreux sites qui ont été pillés depuis les manifestations politiques. Des bas-reliefs ont été découpés à la scie à Saqqarah, des vols ont été commis à Kafr Al-Cheikh, à Saqqarah, à Qantara Charq, à Abou-Sir, à Mit Rahina, à Louqsor et à Assouan, sans que le total du butin ne soit connu. Dans d’autres endroits, les objets volés ont été retrouvés et les habitants veillent sur leur patrimoine.

La mission de l’Unesco a donc trouvé une bonne coopération du côté égyptien, selon Costanza de Simone. Mais il paraît que certains archéologues égyptiens, dont Abdel-Halim Noureddine, l’ex-secrétaire général du Conseil Suprême des Antiquités égyptiennes (CSA), refusent ce rôle de l’Unesco. « L’Egypte n’a pas besoin d’une intervention extérieure pour protéger ses antiquités, soit de la part de l’Unesco, soit de la part de n’importe quelle organisation étrangère. L’Egypte est capable de protéger ses antiquités », estime Noureddine. 

Selon Costanza de Simone, le défi consiste à sensibiliser les populations locales à la sauvegarde des biens qui leur appartiennent. Costanza a proposé de travailler en étroite collaboration avec la jeunesse, afin de faire passer l’idée que le patrimoine culturel d’Egypte est leur patrimoine, qu’il est intimement lié à leur identité, qu’il représente un soutien potentiel de la démocratie et de la compréhension entre les cultures. Devant le Musée du Caire, la barrière humaine que les manifestants ont opposée aux pillards a été la meilleure preuve de la prise de conscience, par le peuple égyptien, de l’importance de son patrimoine. En effet, jeunes et vieux se sont réunis afin de protéger leur patrimoine lors des moments d’incertitude et de changement qui ont trop souvent dégénéré en violences. « J’ai été très touchée et très fière par la réaction qui a poussé les citoyens de Tunisie, d’Egypte et de Libye à protéger leur patrimoine lors des moments d’incertitude et de changement qui ont trop souvent dégénéré en violences », a déclaré la directrice générale de l’Unesco. Elle a annoncé aussi que l’organisation et ses partenaires soutiennent « fermement » tous ceux qui défendent leur patrimoine et entendent réunir toute l’expertise possible en vue de contribuer à cette démarche.


Amira Samir




dimanche 3 avril 2011

Les règles de la propagande de guerre


Comment les médias occidentaux ont-ils couvert les diverses guerres qui ont suivi la première guerre du Golfe ? Peut-on dresser des constats communs ? Existe-t-il des règles incontournables de la « propagande de guerre » ? Oui.


1. Cacher les intérêts. Nos gouvernements se battent pour les droits de l’homme, la paix ou quelque autre noble idéal. Ne jamais présenter la guerre comme un conflit entre des intérêts économiques et sociaux opposés.
2. Diaboliser. Pour obtenir le soutien de l’opinion, préparer chaque guerre par un grand média mensonge spectaculaire. Puis continuer à diaboliser l’adversaire particulièrement en ressassant des images d’atrocités.
3. Pas d’Histoire ! Cacher l’histoire et la géographie de la région. Ce qui rend incompréhensibles les conflits locaux attisés, voire provoqués par les grandes puissances elles-mêmes.
4. Organiser l’amnésie. Eviter tout rappel sérieux des précédentes manipulations médiatiques. Cela rendrait le public trop méfiant.


Règle n° 1. Cacher les intérêts. 

 
La règle la plus fondamentale de la propagande de guerre, c’est de cacher que ces guerres sont menées pour des intérêts économiques bien précis, ceux des multinationales. Qu’il s’agisse de contrôler les matières premières stratégiques ou les routes du pétrole et du gaz, qu’il s’agisse d’ouvrir les marchés et de briser les Etats trop indépendants, qu’il s’agisse de détruire tout pays pouvant représenter une alternative au système, les guerres sont toujours économiques en définitive. Jamais humanitaires. Pourtant, à chaque fois, c’est le contraire qu’on raconte à l’opinion.

La première guerre contre l’Irak a été présentée à l’époque comme une guerre pour faire respecter le droit international. Alors que les véritables objectifs, exprimés dans divers documents – même pas internes – du régime US étaient :

1. Abattre un régime qui appelait les pays arabes à s’unir pour résister à Israël et aux Etats-Unis.
2. Garder le contrôle sur l’ensemble du pétrole du Moyen-Orient.
3. Installer des bases militaires dans une Arabie saoudite déjà réticente. Il est très instructif, et cocasse, de relire aujourd’hui les nobles déclarations faites à l’époque par la presse européenne sur les nobles motivations de la première guerre du Golfe.
De tout cela, zéro bilan.

Les diverses guerres contre la Yougoslavie ont été présentées comme des guerres humanitaires. Alors que, selon leurs propres documents, que chacun pouvait consulter, les puissances occidentales avaient décidé d’abattre une économie trop indépendante face aux multinationales, avec d’importants droits sociaux pour les travailleurs. Le vrai but était de contrôler les routes stratégiques des Balkans (le Danube et les pipe-lines en projet), d’installer des bases militaires (donc de soumettre la forte armée yougoslave) et de coloniser économiquement ce pays. Actuellement, de nombreuses informations sur place confirment une colonisation éhontée par les multinationales dont US Steel, le pillage des richesses du pays, la misère croissante qui s’ensuit pour la population. Mais tout cela reste soigneusement caché à l’opinion internationale. Tout comme les souffrances des populations dans les divers autres pays recolonisés.

L’invasion de l’Afghanistan a été présentée comme une lutte anti-terroriste, puis comme une lutte d’émancipation démocratique et sociale. Alors que, là aussi, des documents US parfaitement consultables révélaient de quoi il s’agissait. 


1. Construire un pipe-line stratégique permettant de contrôler l’approvisionnement de tout le sud de l’Asie, continent décisif pour la guerre économique du 21ème siècle. 
2. Etablir des bases militaires US au centre de l’Asie. 
3. Affaiblir tous les « rivaux » possibles sur ce continent - la Russie, l’Iran et surtout la Chine - et les empêcher de s’allier.
 

On pourrait analyser pareillement comment on nous cache soigneusement les véritables enjeux économiques et stratégiques des guerres en cours ou à venir : Colombie, Congo, Cuba, Corée... Bref, le tabou fondamental des médias, c’est l’interdiction de montrer que chaque guerre sert toujours des multinationales bien précises. Que la guerre est la conséquence d’un système économique qui impose littéralement aux multinationales de dominer le monde et de le piller pour empêcher ses rivaux de le faire.


Règle N°2. Diaboliser.

 
Chaque grande guerre commence par un grand média mensonge qui sert à faire basculer l’opinion pour qu’elle se range derrière ses gouvernants.

- En 1965, les Etats-Unis déclenchent la guerre du Vietnam en inventant de toutes pièces une attaque vietnamienne contre deux de leurs navires (incident « de la baie du Tonkin »).

- Contre Grenade, en 83, ils inventent une menace terroriste (déjà !) qui viserait les USA.

- La première agression contre l’Irak, en 1991, est « justifiée » par un prétendu vol de couveuses dans une maternité de Koweït City. Médiamensonge fabriqué de toutes pièces par la firme US de relations publiques Hill & Knowlton.

- De même, l’intervention de l’Otan en Bosnie (95) sera « justifiée » par des récits truqués de « camps d’extermination » et des bombardements de civils à Sarajevo, attribués aux Serbes. Les enquêtes ultérieures (tenues secrètes) montreront pourtant que les auteurs étaient en fait les propres alliés de l’Otan.

- Début 99, l’attaque contre la Yougoslavie sera « justifiée » par une autre mise en scène : un prétendu « massacre de civils » à Racak (Kosovo). En réalité, un combat entre deux armées, provoqué par les séparatistes de l’UCK. Ceux que les responsables US qualifiaient de « terroristes » au début 98 et de « combattants de la liberté » quelques mois plus tard.

- La guerre contre l’Afghanistan ? Plus fort encore, avec les attentats du 11 septembre. Sur lesquels toute enquête sérieuse et indépendante sera étouffée, pendant que les faucons de l’administration Bush se précipiteront pour faire passer des plans d’agression, préparés depuis longtemps, contre l’Afghanistan, l’Irak et quelques autres.

Chaque grande guerre commence par un médiamensonge de ce type : des images atroces prouvant que l’adversaire est un monstre et que nous devons intervenir pour une « juste cause ».
Pour qu’un tel médiamensonge fonctionne bien, plusieurs conditions sont nécessaires : 1. Des images épouvantables. Truquées si nécessaire. 2. Les marteler plusieurs jours, puis prolonger par des rappels fréquents. 3. Monopoliser les médias, exclure la version de l’autre camp. 4. Ecarter les critiques, en tout cas jusqu’au moment où il sera trop tard. 5. Qualifier de « complices », voire de « révisionnistes » ceux qui mettent en doute ces médiamensonges.


Règle N° 3. Pas d’Histoire ! 

 
Dans tous les grands conflits de ces dernières années, les médias occidentaux ont caché à l’opinion les données historiques et géographiques essentielles pour comprendre la situation des régions stratégiques concernées.

En 1990, on nous présente l’occupation du Koweït par l’Irak (qu’il ne s’agit pas ici de justifier ou d’analyser) comme une « invasion étrangère ». On « oublie » de dire que le Koweït avait toujours été une province de l’Irak, qu’il en a été séparé en 1916 seulement par les colonialistes britanniques dans le but explicite d’affaiblir l’Irak et de garder le contrôle de la région, qu’aucun pays arabe n’a jamais reconnu cette « indépendance », et enfin que le Koweït est juste une marionnette permettant aux Etats-Unis de confisquer les revenus du pétrole.

En 1991, en Yougoslavie, on nous présente comme de gentils démocrates « victimes » deux dirigeants extrémistes, racistes et provocateurs, que l’Allemagne a armés avant la guerre : le Croate Franjo Tudjman et le Bosniaque Alia Izetbegovic. En cachant qu’ils renouent avec le plus sinistre passé de la Yougoslavie : le génocide anti-serbe, anti-juif et anti-rom de 41-45. On présente aussi les populations serbes de Bosnie comme des envahisseurs alors qu’elles y vivaient depuis des siècles.

En 1993, on nous présente l’intervention occidentale en Somalie comme « humanitaire » en cachant soigneusement que des sociétés US ont acheté le sous-sol pétrolifère de ce pays. Et que Washington entend contrôler cette région stratégique de la « Corne de l’Afrique » ainsi que les routes de l’Océan Indien.

En 1994, on nous présente le génocide rwandais en faisant silence sur l’histoire de la colonisation belge et française. Laquelle avait délibérément organisé le racisme entre Hutus et Tutsis pour mieux les diviser.

En 1999, on nous présente le Kosovo comme une terre envahie par les Serbes. On nous parle de « 90% d’Albanais, 10% de Serbes ». Passant sous silence la forte diminution du nombre des Serbes lors du génocide commis dans cette province durant la Seconde Guerre mondiale, puis durant l’administration albanaise de la province (années 80). On escamote aussi l’existence au Kosovo de nombreuses minorités (Roms, Juifs, Turcs, Musulmans, Gorans, etc...). Minorités dont « nos amis » de l’UCK avaient programmé le nettoyage ethnique, qu’ils réalisent aujourd’hui sous les yeux et avec la bénédiction de l’Otan.

En 2001, on crie haro sur les talibans, régime certes peu défendable. Mais qui les a amenés au pouvoir ? Qui les a protégés des critiques des organisations des droits de l’homme afin de pouvoir construire avec eux un juteux pipeline transcontinental ? Et surtout, au départ, qui a utilisé le terrorisme de Ben Laden pour renverser le seul gouvernement progressiste qui avait émancipé la paysannerie et les femmes ? Qui a ainsi rétabli la pire terreur fanatique en Afghanistan ? Qui, sinon les Etats-Unis ? De tout ceci, le public ne sera guère informé. Ou trop tard.

La règle est simple. Occulter le passé permet d’empêcher le public de comprendre l’histoire des problèmes locaux. Et permet de diaboliser à sa guise un des protagonistes. Comme par hasard, toujours celui qui résiste aux visées néocoloniales des grandes puissances.


Règle N° 4. Organiser l’amnésie.

Lorsqu’une grande puissance occidentale prépare ou déclenche une guerre, ne serait-ce pas le moment de rappeler les grands média mensonges des guerres précédentes ? D’apprendre à déchiffrer les informations transmises par des états-majors ô combien intéressés ? Cela s’est-il produit à l’occasion des diverses guerres des années 90 ? Jamais. A chaque fois, la nouvelle guerre devient la « guerre juste », plus blanche encore que les précédentes, et ce n’est pas le moment de semer le doute.

Les débats seront pour plus tard. Ou jamais ? Un cas flagrant : récemment, un super-menteur a été pris la main dans le sac, en flagrant délit de média mensonge. Alastair Campbell, chef de la « communication » de Tony Blair, a dû démissionner quand la BBC a révélé qu’il avait truqué les informations sur les prétendues armes de destruction massive. Ceci a-t-il provoqué un débat sur les précédents exploits du dit Campbell ? N’aurait-il pas été intéressant d’expliquer que toute notre information sur le Kosovo avait été concoctée par ce même Campbell ? Que cela méritait certainement un bilan et une réévaluation de l’information donnée sur la guerre contre la Yougoslavie ? Il n’en a rien été.




Michel COLLON



L'Egypte présente ses excuses à l'Algérie et à la Tunisie après les incidents au stade du Caire

 

Après les graves incidents qui ont émaillé le match des 16ès de finale retour de la Ligue des Champions qui a opposé samedi au stade de Caire le Zamalek au Club Africain, le Premier Ministre égyptien, Issam Charaf, n'est pas resté silencieux et a présenté, samedi soir, ses excuses aux peuples tunisien et algérien. 


L'arbitre algérien Mohamed Bennouza gardera un souvenir amer de cette qui a opposé le Zamalek au Club Africain, deux des plus belles équipes africaines. Il faut dire que le drame a été évité de justesse car les joueurs du Club Africain ont été agressés en plein match par des supporters de Zamalek, furieux de voir leur équipe victorieuse (2-1) éliminée (aller : 4-2 pour le CA) après de supposées erreurs d'arbitrage, dont l'annulation d'un but pour un hors-jeu flagrant à la 93ème. 

Ainsi, à la fin du match, les plus virulents des supporters égyptiens ont envahi le terrain par dizaines et de se ruer sur les onze Clubistes et leur staff.  Mohamed Bennouza a été, lui aussi, victime d'une tentative d'agression par les supporters  de l'équipe du Zamalek. Fort heureusement, les forces de l'ordre ont réussi à établir un cordon de sécurité autour des arbitres algériens pour les sauver d'un véritable lynchage.

"Je présente mes excuses au peuple tunisien et à son gouvernement  et aux joueurs tunisiens pour ces incidents regrettables. Je présente également  à l'Algérie mes excuses pour l'intimidation subie par l'arbitre algérien", a  réagi par la suite le Premier ministre égyptien dans une déclaration à la télévision égyptienne.



mardi 29 mars 2011

L'Unesco veut que l'Egypte renforce le gardiennage des sites archéologiques


PARIS — L'Unesco va écrire aux autorités égyptiennes pour leur demander officiellement de renforcer le gardiennage des sites archéologiques du pays, a dit mardi Christian Manhart, chef de la section musées et objets culturels de cette agence de l'ONU.

"L'Unesco va faire une demande officielle au gouvernement égyptien pour qu'il renforce le gardiennage des sites par des gens armés", a déclaré M. Manhart qui a passé quatre jours sur le terrain la semaine dernière avec des experts de l'Icom (Conseil international des musées).

"La situation du patrimoine égyptien n'est pas aussi dramatique que ce que les médias ont pu dire", a affirmé M. Manhart.

Les vols ne semblent pas être le fait "de bandes organisées", selon lui. Les voleurs agissent plutôt "en dilettantes" et vont "là où c'est facile", a ajouté M. Manhart.

Le chef de la section musées de l'agence de l'ONU pour la science, la culture et l'éducation a rencontré les nouveaux responsables égyptiens en charge de la culture. Actuellement, le Conseil suprême des antiquités égyptiennes, longtemps mené par Zahi Hawass, est dirigé par un chef par interim.

Zahi Hawass, nommé brièvement ministre des Antiquités égyptiennes, a dû quitter son poste début mars.

A ce jour, 37 objets volés au Musée égyptien du Caire au moment du soulèvement populaire sont toujours manquants.

A Saqqarah, une grande partie des objets sont en sécurité dans deux grandes réserves mais "des objets mineurs ont été dérobés dans des réserves de missions archéologiques", selon M. Manhart. Et les villageois ont construit un cimetière sur la zone archéologique, dit-il en soulignant qu'il va falloir "remédier à cela".

A Guizeh, "c'est moins bien", a-t-il dit. Une grande réserve n'a pas été attaquée mais "plusieurs réserves ont été pillées et les autorités peinent à dire ce qui manque", selon M. Manhart.

A Louxor, "une bande armée d'une quinzaine de personnes ont pillé des réserves" et "cela semble assez sérieux", selon lui.




lundi 28 mars 2011

Syrie : La prison est "le prix à payer pour la liberté"


Alors que les autorités syriennes ont décidé dimanche d'abroger la loi d'urgence en vigueur depuis près de 50 ans, l'avocat syrien Haytham al Maleh, plusieurs fois condamné pour ses opinions et libéré de prison il y a trois semaines, témoigne. 

Après plus de dix jours de révoltes populaires, le président syrien Bachar al-Assad a annoncé, via sa conseillère politique et porte-parole, Bousseïna Chaabane, sa volonté de lever l’état d’urgence en vigueur depuis 1963 et de libérer 260 prisonniers politiques. 

Instaurée dès l'arrivée au pouvoir par un coup d'État du parti Baas en mars 1963, la loi d’urgence impose des restrictions sur la liberté de réunion et de déplacement, et permet l'arrestation de "suspects ou de personnes menaçant la sécurité". Près de 4 500 prisonniers politiques seraient toujours incarcérés en Syrie aujourd’hui pour délit d’opinion. 

Haytham al Maleh, avocat syrien reconnu et défenseur des droits de l’Homme, a passé plus de huit ans de sa vie en prison. À 79 ans, il a écopé l’année dernière d’une peine de trois ans de prison ferme après avoir été déclaré coupable par un tribunal militaire, en juillet 2010, d’"atteinte au sentiment national" et de "diffusion de fausses nouvelles susceptibles de porter atteinte au moral de la Nation". Lors de plusieurs interviews, il a critiqué le maintien de l’état d’urgence en Syrie ainsi que le contrôle permanent exercé par les autorités syriennes sur le pouvoir judiciaire.

Avant d’être libéré le 8 mars, à la suite d’une loi d’amnistie pour les prisonniers de plus de 70 ans ou les malades, Haytham al Maleh a entamé une grève de la faim à durée illimitée pour demander la fermeture du dossier des prisonniers politiques, la fin des injustices et le rétablissement des droits à une vie civile et politique en Syrie. 

Interviewé par France24.com, il revient sur son expérience en prison et livre son point de vue sur les protestions populaires qui agitent la Syrie depuis la mi-mars. 

Quelles ont été les conditions de votre incarcération ? 

Haytham al Maleh : Nous étions cinq prisonniers politiques mais nous n’avions pas le droit d’être ensemble. Alors on m’a mis avec les criminels. C’était très dur car, malgré mon âge et mon état de santé, on m’a enfermé avec des prisonniers de droits communs, des criminels qui n’ont rien dans la tête. Ils crient, se battent les uns avec les autres, cherchent la bagarre en permanence. Je ne pouvais ni lire, ni dormir. C’était vraiment éprouvant. 

Au début, je dormais à même le sol, avec 40 autres prisonniers dans une cellule de 6 mètres sur 15. J’ai été malade une fois, et pendant une semaine, je n’ai pas pu voir le médecin. Il y avait à peine 150 mètres à faire pour aller jusqu’au cabinet médical de la prison mais je ne pouvais pas mettre un pied par terre. C’est finalement un ami, enfermé dans le même quartier de la prison, qui a pris soin de moi, m’a soigné, m’a apporté des médicaments. Mais j’ai tout de même passé un mois et demi sans pouvoir marcher. 

Les ex-prisonniers politiques en Syrie sont en butte à des restrictions quant à leurs activités. Continuez-vous à exercer ?


H.M : On m’a enfermé pour mon discours et mes idées. J’ai écrit des articles sur la corruption, sur l’impunité des services secrets, sur le pouvoir. C’était nuisible pour les autorités, alors elles m’ont enfermé. Dans ma vie, j’ai passé plus de huit et demi en prison. La première fois, j’avais vingt ans, c’était en 1951 et j’exerçais déjà comme avocat. Et là, je suis sorti il y a trois semaines. J’ai 80 ans. Alors je ne vais pas m’arrêter là. 

Pourtant, c’est compliqué d’être avocat car il y a un certain nombre de lois et d’articles liberticides. L’article 69, par exemple, qui stipule que les agents des services secrets ne peuvent être poursuivis en justice. Alors il y a beaucoup de choses à changer mais jusqu’à maintenant, toujours rien de fait. Et j’ai bien peur que rien ne se passe.

Depuis que je suis sorti, j’ai repris le travail même si les autorités ont détruit mes bureaux. Mais les gens ont peur de venir me consulter. Des agents des services de renseignement montent la garde devant mon bureaux pour dissuader mes clients. Mais c’est ma vie, c’est mon combat. Je n’ai pas peur car je crois en dieu et tout ça, la prison, les manifestations, c’est le prix que nous avons à payer pour notre liberté.


Vous vous êtes battus toute votre vie pour les droits de l’Homme en Syrie qui est finalement rattrapée par le mouvement de protestation populaire. Pensez-vous que le pouvoir est prêt à lâcher du lest et écouter son peuple ?  

H.M : Avec toutes ces manifestations, les gens essayent de pousser le régime à leur donner des droits. Mais je ne suis pas sûr que le pouvoir lâchera. Les autorités n’hésitent pas à massacrer les opposants. Par exemple, entre 1980 et 1990, le régime a perpétué des dizaines de massacres. Plus de 70 000 personnes ont été portées disparues dans ces années-là. Plus de 20 000 agents des services secrets ont été mis en place, soi-disant pour surveiller les Frères musulmans. 260 000 Syriens ont dû fuir le pays et ils ne peuvent toujours pas rentrer. 

Nous sommes vraiment en danger et nous faisons en sorte d’éviter tout nouveau conflit car le moindre affrontement avec les autorités se finit dans un bain de sang. Nous avons d’ailleurs signé une déclaration il y a quelques jours pour demander qu’il n’y ait pas de conflit armé. En Syrie, nous sommes issus de différentes religions, différentes régions, mais nous sommes un même peuple qui se bat pour la liberté.  Nous ne devons pas nous battre les uns contre les autres. 

Sarah LEDUC





Egypte : Le oui triomphe, mais pour quelles raisons ?

 
Référendum . Le oui qui l’a emporté est largement accepté par l’ensemble des votants qui, en dépit de leur différence, décident d’aller de l’avant.

Les Egyptiens ont massivement voté « oui » lors du référendum sur la révision de la Constitution, validant ainsi les projets de l’armée en vue d’une transition rapide vers un pouvoir civil élu. 14 millions de votants, soit 77,2 %, ont voté en faveur des amendements de la Constitution contre un peu plus de 4 millions contre. Le taux de 41 % de participation — soit 18,5 millions de personnes sur 45 millions d’Egyptiens en âge de voter — est à comparer à l’abstention écrasante qui caractérisait les élections sous le régime autoritaire de Hosni Moubarak.
 
Ce résultat a été reçu avec satisfaction et joie par les islamistes notamment, tandis qu’il a été reçu avec tristesse par l’union des jeunes de la révolution du 25 janvier et nombre de partis politiques. Si le non l’avait emporté, une assemblée constituante aurait été élue pour élaborer une Constitution entièrement nouvelle. Cela aurait donc repoussé les élections législatives et présidentielles et la période de transition aurait pu durer jusqu’à deux ans. Les partisans du non disent que les amendements ne font que « rapiécer » la Constitution et qu’il y a un danger de retour à un régime autoritaire, notamment parce que celle-ci confère au président des pouvoirs très étendus. Les partisans du oui, eux, disent qu’ils veulent un retour immédiat à la stabilité et que les amendements (qui réduisent notamment les mandats présidentiels de 6 à 4 ans) sont suffisants. Des élections vont donc avoir lieu avant septembre, mais les bénéficiaires, disent les partisans du non, seront non pas ceux qui ont fait la révolution, mais les Frères musulmans (le groupe le plus organisé) et le Parti National Démocrate (PND, de l’ex-président Moubarak), qui n’a pas été dissous et qui continue, par le biais d’hommes d’affaires richissimes, à posséder de gros moyens financiers.

Beaucoup de politiciens estiment que lesdits amendements n’ont pas bénéficié d’un temps suffisant pour être discutés sereinement au niveau national. « Le référendum a eu lieu en dehors de tout vrai débat », critique Réfaat Al-Saïd, président du parti du Rassemblement (gauche). Il regrette également le fait que l’appartenance confessionnelle des votants a grandement influencé leur décision. « Certains ont réussi à convaincre les citoyens simples que dire oui (ou non) est une obligation religieuse », ajoute Al-Saïd. 
 
En filigrane figure l’article 2 de la Constitution que la révision ne prévoit pas de changer et qui fait de l’islam la religion d’Etat, et des « principes de la loi islamique la source principale de la législation ». « La division était politique, pas religieuse. Des musulmans ont voté oui, d’autres non, tout comme des chrétiens ont voté oui et d’autres non », a toutefois tenu à dire Essam Al-Eriane, porte-parole des Frères, refusant de renvoyer ce succès à des causes religieuses. 

Si jamais la religion fut un facteur important de l’issue de ce scrutin, elle n’a pas été le seul. Le besoin d’une certaine stabilité et d’un sentiment de sécurité est un autre élément important qui a encouragé les votants à voter en faveur des réformes. « Le référendum n’était pas sur les amendements des clauses de la Constitution. C’était un référendum sur la stabilité et la sécurité, car la plupart des votants ont trouvé que le fait de dire oui donne l’occasion au retour de la stabilité », explique Diaa Rachwane, chercheur au Centre des Etudes Politiques et Stratégiques (CEPS) d’Al-Ahram. Il ajoute qu’après des décennies de « dépolitisation », une grande partie des Egyptiens n’est pas prête à faire perpétuer la « révolution » sur des années et « est déjà satisfaite de ce qui a été réalisé ».

En tout état de cause, les partisans du « oui » comme ceux du « non » ont l’intention d’accepter le choix de la majorité. « Nous respectons les règles de la démocratie et nous avons décidé d’accepter le résultat du vote quel qu’il soit. Maintenant, ce que nous allons faire c’est de continuer le travail » vers plus de réalisations et de gains démocratiques, affirme Mohamad Adel, porte-parole du mouvement du 6 Avril. 

Déjà, on s’attend à une déclaration constitutionnelle de la part du Conseil suprême des forces armées libéralisant, entre autres, les lois sur l’exercice des droits politiques et sur la liberté de création des partis politiques.


Sabah Sabet 








Egypte : Une enquête s’impose


Arrestations arbitraires, tortures, traduction de civils devant des tribunaux militaires : tels sont les actes dénoncés par certains manifestants arrêtés par les forces armées. Plusieurs activistes et militants des droits de l’homme craignent pour « l’image » de l’institution militaire tant vénérée par la population. 
 
Sur Facebook et Youtube, les témoignages pullulent. Des personnes arrêtées au cours des deux dernières semaines et fraîchement relâchées, dans leur majorité de jeunes hommes et femmes, relatent leur supplice entre les mains de la police militaire. Ils disent avoir été cruellement battus, électrocutés, parfois sexuellement abusés et souvent accusés d’être des agents d’Israël ou du Hamas, dans « une campagne organisée d’intimidation ».

Dans beaucoup de cas, le lieu d’arrestation n’était autre que le Musée du Caire, en pleine place Tahrir. D’autres auraient été transférés vers des bases ou des prisons militaires qu’ils n’ont pas pu identifier. Des rapports d’ONG indiquent que des fouets et des bâtons électriques ont été utilisés contre les détenus, dont des journalistes, des militants des droits de l’homme et des avocats.

Des « accusations » catégoriquement rejetées par le Conseil suprême des forces armées. « L’armée reconnaît la légitimité de la révolution et a affirmé qu’elle n’aura recours en aucune circonstance à l’usage de la violence contre les manifestants. Tous les détenus ont été libérés immédiatement sauf les criminels qui ont été traduits en justice », a déclaré cette semaine à la presse le général Hamdi Badine, chef de la police militaire. Il met en garde contre « des tentatives de semer la discorde entre l’armée et le peuple » tout en affirmant que l’armée n’a aucun intérêt à saper la révolution. « Il ne s’agit que d’allégations et j’appelle ceux qui prétendent avoir été torturés par l’armée à déposer immédiatement une plainte en vue d’une enquête », indique le général. Et d’ajouter que l’Egypte est signataire de plusieurs conventions internationales interdisant la torture. « Les forces armées respectent ces engagements », affirme le général.

Pour leur part, les défenseurs des droits de l’homme ont du mal à ignorer les récits des personnes abusées. Gamal Eïd, président du Réseau arabe pour les droits de l’homme, se base sur les récits de ces derniers pour conclure que « l’armée menait une campagne pour en finir avec les manifestations ». « Les autorités militaires au pouvoir ne peuvent prétendre mettre en route des réformes tout en jugeant des manifestants pacifiques devant des tribunaux militaires », regrette-t-il.

« Les autorités militaires se sont publiquement engagées à créer un climat de liberté et de démocratie, après toutes ces années marquées par la répression du pouvoir. Elles doivent désormais traduire leurs paroles en actes directs et immédiats », a de son côté déclaré Malcolm Smart, directeur du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d’Amnisty international.

Le 9 mars, l’armée a décidé d’évacuer la place Tahrir. Des accrochages ont eu lieu alors que l’armée démantelait les tentes de quelques dizaines de manifestants qui y campaient toujours pour une raison ou une autre. Par la suite, le Conseil suprême militaire a expliqué qu’il s’agissait de disperser les manifestations sans aucune intention de s’engager dans des affrontements avec les manifestants. 

Néanmoins, Racha Azab, journaliste qui avait été détenue sur les lieux « lors d’une marche pacifique », raconte que les manifestants ont été pourchassés et battus par la police militaire (aux bérets rouges) en complicité avec des hommes de main avant d’être emmenés au musée. « Après que je fus menottée et attachée à un mur dans le musée, un homme en civil m’a giflée en me qualifiant de putain. Je lui ai demandé : Vous êtes de la police ou de l’armée ? ». Il a répliqué en me frappant une autre fois : « Nous sommes la nouvelle version des forces anti-émeutes. Croyez-vous que nous allons livrer le pays à des gamins et des putains comme vous ? », raconte Racha Azab, qui ne cache pas son choc de « constater que l’armée n’est pas différente du régime despotique de Moubarak ». Elle assure qu’à l’intérieur du musée, elle a assisté à la « torture brutale par des officiers de l’armée de centaines de jeunes détenus ».

Face aux multiples témoignages et à leur démenti systématique, certains militants des droits de l’homme, tel Négad Al-Boraï, appellent le Conseil suprême à l’ouverture immédiate d’une enquête en coopération avec les ONG, afin de couper le chemin aux éventuelles rumeurs et exagérations. « S’il s’avère que des militaires ont commis de tels actes, ils doivent être jugés », demande Al-Boraï, tout en estimant que la culture du respect des droits de l’homme prendra beaucoup de temps avant de s’enraciner dans la société.

Outre la torture, la traduction des civils devant des tribunaux militaires est également fustigée par les défenseurs des droits de l’homme. Ceux-ci ne trouvent aucune excuse qui puisse justifier des procès expéditifs rendant toute défense impossible. Selon l’Organisation de défense des manifestants (ONG), au moins 173 personnes seraient encore détenues par l’armée. Des dizaines ont été déjà jugées par un tribunal militaire pour « violation du couvre-feu », « détention d’arme » ou « troubles à l’ordre public ». 

Leurs peines varient entre 6 mois de prison à la prison à perpétuité (dans les cas de violence armée). La plupart des personnes arrêtées semblent parties pour 5, 10 ou 15 ans de prison. Ces verdicts ont été annoncés par la télévision d’Etat. Vu la nature du procès dont les décisions sont irrévocables et la défense est très restreinte, il est impossible de vérifier les accusations attribuées à telle ou telle personne, surtout que certaines personnes relâchées ont dit avoir été photographiées avec des armes et des cocktails molotov qui ne leur appartenaient pas. « C’est inadmissible même sous l’état d’urgence et sous prétexte de rétablir l’ordre de juger les civils devant la justice militaire. Et là, je me demande : pourquoi les ministres actuellement jugés n’ont-ils pas été déférés au tribunal militaire ? », critique Eïd. 

Ragea Omrane, avocate de l’ONG de défense des manifestants, dénonce le fait que les arrestations ne soient pas répertoriées et que les familles des détenus ne soient pas prévenues. « Ceci ne leur permet pas l’aide d’un avocat », regrette-t-elle. « Actuellement, nous travaillons avec d’autres ONG pour collecter les plaintes de toutes les familles qui soupçonnent la détention de l’un des leurs ou qui n’arrivent pas à rejoindre un membre détenu. Ces plaintes seront transmises ensuite au Parquet militaire avec une demande de fournir un avocat à chaque détenu », affirme Omrane. Des tentatives du genre ont déjà échoué par le passé, d’où l’idée d’un effort collectif qui rassemble un maximum d’ONG.


May Al-Maghrabi